27 octobre 2011 : Selon Kim Flottum, de la revue Bee Culture, Bayer CropScience a choisi de retirer les amandiers de la fiche d’utilisation officielle de ses produits à base d’imidaclopride, le tristement célèbre insecticide néonicotinoïde.
Voilà une sacrée bonne nouvelle pour les milliards d’abeilles qu’on utilise chaque année pour polliniser les amandiers de Californie soit plus de 320 000 hectares (800 000 acres) de vergers bien serrés qui vont fournir plus de 80% de la production mondiale d’amandes.
Bayer est le premier producteur mondial d’imidaclopride. Retirer les amandiers des utilisations mentionnées dans leur notice d’emploi des produits à base d’imidaclopride est une décision importante, voire étonnante. Les gens de Bayer ont annoncé la nouvelle lors d’une réunion du Conseil national consultatif pour les abeilles mellifères (NHBABNational Honey Bee Advisory Board) à Washington, il y a une semaine. Ce Conseil consultatif réunit un tout petit groupe d’apiculteurs bénévoles, désireux de rendre l’environnement de leur métier plus sain pour les abeilles et soucieux de rendre les entreprises, les agriculteurs, les applicateurs, les vendeurs, les fabricants, les chercheurs etc. tous bien conscients des dommages incroyables que leurs produits font aux abeilles mellifères et aux pollinisateurs en général.

Kim Flottum, rédacteur-en-chef de Bee Culture

Steve Ellis a téléphoné la nouvelle à la revue Bee Culture le 27 octobre dernier (2011). Steve Ellis fait partie du NHBAB. Si vous lisez Abeilles & fleurs, la revue de l’Unaf, vous vous souvenez sans doute du long article de Steve Ellis que Simonpierre Delorme et Kathrin Bosch avaient traduit pour la revue il y a un an. Il s’intitulait « Point de vue d’un apiculteur sur la politique étatsunienne en matière de pesticides » et il a été publié en deux fois dans le n°720 d’octobre 2010 (pp 30 à 32) & le n°721 de novembre 2010 (pp 30 à 33).
L’EPA, l’Agence fédérale étatsunienne pour la protection de l’environnement, participait à la réunion et cette décision a semblé poser problème à leurs représentants, dans la mesure où ils ont l’habitude de revoir et approuver ou non l’ajout de nouvelles cultures aux phytosanitaires mais pas l’habitude d’en enlever. En effet, il est vraiment rare qu’on retire un type de culture, ou de plante, de l’étiquette d’un produit phytosanitaire, à plus forte raison sur la demande du fabricant, si bien que les circuits internes de l’EPA ne semblaient pas très bien savoir comment cela pourrait se faire. On va donc revoir la chose pour tout bien faire dans les règles administratives.
Cela étant, a précisé Steve Ellis, le processus ne devrait pas traîner et se traduire rapidement dans les faits. Une vraie chance pour les abeilles … si les horticulteurs en sont prévenus à temps et s’ils ne continuent pas tranquillement la routine à laquelle ils se sont habitués depuis des années. Il va falloir que les apiculteurs prennent le relais pour bien expliquer. Certes, ils ne sont pas toujours en position de force mais l’économie engendrée, voire l’inefficacité des phytosanitaires, devraient les y aider. Lire sur ce blog « Les amandes de Californie et les apiculteurs nord-américains »
Voila un grand pas en avant de la part de Bayer et nous espérons que ce ne sera que le premier de beaucoup d’autres.
Cependant, pour plus de sureté, n’oubliez pas de mettre un cierge à votre saint protecteur des cultures. En Bretagne, malgré la concurrence de saint Fiacre l’Irlandais et de saint Isidore d’Espagne, c’est saint Pol (Sant Paol eus Gorre Leon) à cause d’une vague histoire d’oiseaux qui ravageaient les champs de blé et auxquels le bon saint auraient fait les remontrances qui s’imposaient. Sachant que Pol Aurélien est un des sept Saints Fondateurs de la Bretagne, de ceux qui ont normalement conduit les Bretons venus de Galles en Letavia/Armorique vers le cinquième siècle de l’ère, il a peut-être aussi utilisé quelques arguments frappants.

Simonpierre DELORME

 

Sources :

    • Kim Flottum « Imidacloprid On Almonds May Be History » : »Catch the Buzz« 

 

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