Le livre de Roch Domerego paru en juin 2011

Dans l’ordre des Hyménoptères, dans le genre Apis et la famille des Apidae, nos abeilles mellifères européennes sont une des espèces du sous-ordre des Apinae. Les Meliponinae constituent un autre sous-ordre d’abeilles sans dard qui comprend près de 500 espèces dans le monde. Au Guatemala, au Venezuela, au Mexique, on récolte le miel de plusieurs espèces de ces abeilles sans dard qui nichent dans les arbres creux ou sous terre. Elles construisent des rayons horizontaux en cire et en propolis pour leur couvain et des « pots de miel » (un peu comme ceux des abeilles-bourdons mais récoltables) pour leurs réserves. Leur élevage est attesté depuis les Mayas et les Nahuatls.

Remplaçant la simple cueillette des indigènes, une apiculture rationnelle plus intensive se met en place depuis quelques années, pour compenser le recul de la forêt. Il faudra normaliser la désignation des espèces. Le même nom usuel peut parfois désigner plusieurs espèces. Inversement, une même espèce peut posséder des noms régionaux différents. Il faut aussi établir des normes pour la production puisque la définition légale du miel pour le commerce international le définit comme un produit de l’abeille mellifère, ce qui exclut d’office les « miels » de melipona ou de trigona.

Ces miels, très divers mais généralement beaucoup plus acides que celui de l’abeille mellifère, sont largement utilisés dans la médecine populaire locale. Selon les espèces, le support botanique et la région, ils serviront à traiter la cataracte, les ulcères, les troubles gastriques ou pulmonaires, les blessures et les hématomes, voire seront utilisés comme laxatifs ou comme aide à la fertilité. Dans certains cas, on fera même volontairement fermenter ces miels, pour mieux traiter certains troubles pulmonaires. Les études sérieuses de l’efficacité de ces remèdes, voire de la détermination du principe actif utilisé, démarrent très lentement.

L’étude de Patricia Vit, Margarita Medina et Maria Eunice Enriquez, détaille 23 productions locales. Elle en étudie plus particulièrement trois (melipona, trigona, scaptotrigona) en comparant les principales caractéristiques de leur composition avec celles du miel légal (mellifera). Elle propose quelques premières normes possibles pour une définition du « miel » des abeilles sans dard : 30% d’eau maximum par exemple, au lieu de 20% pour le miel. Mais la diversité des produits est telle qu’il sera beaucoup plus difficile d’établir des normes pour les divers sucres… Quant à l’appellation, puisque le terme de miel n’est pas utilisable actuellement, les auteurs proposent modestement celui d’élixir divin !

Simonpierre DELORME   ()

 

Repris d’un article de BeeWorld de mars 2004. BeeWorld est une publication de l’IBRA International Bee Research Association (www.ibra.org.uk) Cet écho a été publié à l’origine dans Abeilles & fleurs N° 6661 de mai 2005

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.