Un vieux proverbe dit : «Grattez le Russe, vous trouverez le cosaque.» et on a coutume d’y ajouter : «Grattez le cosaque, vous trouverez l’ours.»

De fait, les instituts russes de recherche apicole n’ont jamais hésité devant les méthodes énergiques quoiqu’un peu pataudes parfois ! On se souvient des essais de traitement du varroa à base d’eau quasiment bouillante dans laquelle on immergeait les colonies durant quelques secondes, ce qui était censé tuer les acariens mais pas les abeilles (ou du moins très peu d’entre elles !). La méthode avait donné quelques premiers résultats même si on n’en parle plus guère aujourd’hui.

Cet esprit de décision et d’énergie, cette absence d’hésitations devant les mortalités dues aux premiers essais plus ou moins bien dosés restent, semble-t-il, une caractéristique de la recherche apicole russe, particulièrement sibérienne.

A la station de fécondation et de sélection installée par l’université de Dourakino dans la région d’Arkhangelsk durant la (très) courte saison d’été, le professeur Boris Nikolaïevitch Medved a entrepris de sélectionner depuis plusieurs années, à partir d’une souche d’abeilles de l’écotype septentrional Volosagya, des reines qu’il espère mieux armées contre la rigueur des hivers. Partant du principe qu’une corrélation devrait forcément exister entre longueur, épaisseur et densité des poils d’une part, résistance aux basses températures et adaptabilité aux longs hivernages d’autre part, le professeur Medved et son adjoint le docteur Ursula Eisenbart, deux chercheurs de l’école post-lyssenkiste, sont parvenus à obtenir quelques premières lignées dont ils vantent les qualités de résistance aux longs hivernages. Leurs recherches sont aidées par la fondation du Komitiet Gozoudartzvyenoï Biezopasnosti qui a détaché du personnel d’exécution.

Dans les divers articles publiés récemment dans les revues Biezoumniï ptchielovod, Ptchielli i tsvieti et Soumasschiesdchiï pasyetchnik, ils affirment que les abeilles résultant de leur sélection sont particulièrement performantes. Elles donnent une impression de puissance certaine, même si leur zone de butinage – et peut-être leur vision, – paraissent sensiblement plus réduites. Laissées à elles-mêmes pour bâtir, elles auront tendance à faire des cellules un peu plus larges que celles de leurs consœurs. Serait-ce à cause de ce volume supplémentaire de poils, de cette toison d’hiver que Boris Medved aurait réussi à obtenir ?

Le Dr Eisenbart promet bientôt plus de détails sur le site internet www.poissondavril.ru.

Source : Ptchielli i tsvieti – 1er avril 2006 – Recherches et pratiques apicoles innovantes.

 

A propos de l'auteur

Apiculteur amateur, cueilleur d'essaim, passionné d'éthologie et de langues, j'écris dans Abeilles et fleurs, le magazine de l'Union Nationale de l'Apiculture Française. Depuis 2005, j'y tiens une revue mensuelle de la presse apicole internationale et j'y publie également "les belles histoires de l'oncle Simonpierre" qui racontent une partie des travaux de recherche qui se font dans le monde sur les abeilles de toutes espèces, voire sur les autres bestioles qui vivent à côté de nous. Plus d'info.

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