Expirez ! Soulevez le couvercle ! Inspirez !

Nous avions publié il y a 15 ans, dans Abeilles & fleurs d’octobre 2005, un article portant ce titre qui expliquait comment deux apiculteurs allemands avaient organisé dans leurs ruchers du Tyrol et de Haute-Autriche des sessions de cure d’air de ruches. Le citadin stressé, qui venait chercher le repos à la ferme et l’air pur des montagnes dans de longues promenades, pouvait également y réclamer son bol d’air de ruches. La respiration régulière pendant quelques dizaines de minutes, plusieurs jours de suite, de l’atmosphère d’une colonie d’abeilles en pleine santé (et en saison, en période de développement de la colonie exclusivement) semblait apporter aux bronchiteux et autres rhumiteux un soulagement certain. Bon pour les poumons, les sinus, le système immutaire en général. Auto-suggestion ? Effet de la propolis ? Effet annexe de la détente ? En tout cas, les curistes étaient unanimes et déclaraient tous avoir diminué leur consommation de médicaments après coup.

Booster le système immunitaire

Aujourd’hui, les préoccupations que nous cause le Covid-19 ont interpellé un biologiste marin. Alain Michel lutte depuis 20 ans contre les virus émergeant dans les élevages aquacoles, poissons, crustacés, etc., du monde entier. Le hasard des observations l’a amené à travailler sur le terrain par hyperthermie. En présence du pathogène, il soumet les poissons à des chocs de température répétés, très proches de la température létale mais de très courte durée, répétés jusqu’à l’arrêt des mortalités.

Étonnamment, ça marche bien. La chaleur n’attaque évidemment pas directement les virus, car la température à atteindre pour les détruire est incompatible avec ce que peuvent supporter les cellules. C’est très vraisemblablement l’effet sur le système immunitaire inné qui est le plus important car, ses capacités étant surexprimées par la température, il va mobiliser toutes les voies cellulaires pour régler lui-même le problème. Cette excitation à la surexpression des heat shock proteins, ces protéines anti-stress conservées par l’évolution depuis les bactéries jusqu’aux humains, serait la clé des résultats. Énorme cerise sur le gâteau, les poissons traités en ressortent résistants à une deuxième rencontre avec ces pathogènes. Mieux donc qu’un vaccin puisque la protection découle de la présence même du pathogène à chaque traitement : pas de crainte de mutation ou de nouveaux sérotypes.

Des poissons aux humains

Très récemment, au Ghana, sur un iridovirus émergent qui avait en quelques mois détruit la production de 50 000 tonnes de tilapia (une espèce de poisson), l’utilisation des chocs thermiques à 39°C sur des alevins de 0,5g a permis de remonter les survies de moins de 10% à plus de 60%. De là à penser à une adaptation de la méthode pour les virus des mammifères et des humains… en se rappelant que la température était utilisée par les premiers pasteuriens (cf. Peste et Choléra, de Patrick Deville, consacré à Alexandre Yersin).

Bien sûr, on entre là dans le domaine des hypothèses, mais l’essai est simple et facile à mettre en place en quelques jours, avec l’accord d’une dizaine de médecins. Il s’agit de retrouver un geste d’hygiène traditionnel, un remède de bonne femme, de « bonne fame » et de bonne mère, que nous avons tous connu et pratiqué, le nez sur le bol d’eau chaude et la serviette sur la tête. En tout cas, l’essai ne coûte pas grand-chose !

Larve de barramundi avant et après choc thermique

Gauche : larve de barramundi infectée par ViralNervousNecrosis. Centre : en voie de rétablissement après choc thermique. Droite : larve rétablie avec chromatophores et tube digestif complet. (© Alain Michel)

Une enquête de quelques jours avec peu de monde.

Dans le cas précis du Covid-19, pourquoi ne pas tester cette hyperthermie sur les humains ? L’hyperthermie est d’ailleurs déjà utilisée en cancérologie pour potentialiser les effets de la chimiothérapie. Aussi, dans la recherche de solutions innovantes, simples, de terrain et immédiatement opérationnelles pour lutter contre le Covid-19, notre biologiste propose la démonstration ou infirmation de l’effet bénéfique d’un traitement simple du coronavirus : l’inhalation. En utilisant un inhalateur classique de 0,5l, rempli d’eau chaude sans rien d’autre de façon à ne pas encrasser les sinus, et en faisant de 3 à 5 inhalations par jour jusqu’à disparition des symptômes.

L’enquête auprès de patients en observation de suspicion de début de coronavirus et pratiquant des inhalations serait faite selon un protocole précis. Il s’agit d’une proposition conjointe de Kilian Delorme, de la SAS Kamahu, PME éditrice de services numériques de suivi d’élevages, de Pierre Legrain, directeur de recherche au CNRS (DR1) au sein du département de neuroscience à l’Institut Pasteur, et d’Alain Michel, biologiste marin, entrepreneur (Aquaculture R&D) et ancien Directeur des Ressources Vivantes de l’Ifremer.

Des méthodes simples et « de terrain »

Voilà une démarche originale. Un remède très simple (« de grand-mère ») revisité par la science moderne, pourrait-il être un traitement de choix lors des premiers signes d’attaque du coronavirus ? Une solution reposant sur la participation active de médecins de ville et de terrain et de celle des personnes touchées – forcément moins « sexy » et « moderne » que d’autres mais tellement plus positive et bon marché – pourrait-il nous entraîner vers une santé plus « participative » ? Et tellement moins coûteuse…

Simonpierre DELORME ()
 
Nota bene :

L’équipe est à la recherche d’un chef de projet médecin et de généralistes pour construire et guider cette enquête. Contacts : / .

Sources :

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