Dr med. Uwe M. Lang : Fluglochgestaltung in der Imkerei, Lëtzebuerger Beien-Zeitung (03/2021)

Quoi de plus variable qu’un trou de vol pour celui qui observe ou aménage une ruche ou un nid pour des abeilles férales ?
C’est ce que fait le Dr Lang qui habite dans la Ruhr et travaille avec Manfred Borgstädt. On peut varier la forme, la taille, la couleur, l’emplacement et le positionnement par rapport au couvain, l’orientation de sortie, la matière, etc. L’auteur de l’étude publiée dans la revue des apiculteurs luxembourgeois ne traite toutefois pas du frelon asiatique : il habite Dortmund et notre Asiate n’y est pas encore arrivé.
Le trou de vol est le passage obligé entre intérieur et extérieur que doivent traverser en douceur les butineuses, par lequel on évacue les mortes, les malades, les pillardes, mais aussi par lequel doivent passer reine et bourdons. La voie d’accès aussi aux zones sacrées des réserves et du couvain. Sa taille pourra donc varier au cours de l’année, pour de simples raisons de protection contre le froid, la lumière, les pillages.

Le matériau

Aujourd’hui, dans bien des cas, c’est le fabricant de la ruche qui a déterminé le trou de vol et le matériau : pin de Weymouth, tilleul de Sibérie, châtaignier, Styropor ou autre plastique. Parmi les vilains petits canards, j’ai hérité naguère d’une ruche en chêne et d’une en noyer. Je me suis vite débarrassé de l’une à cause de son poids et de l’autre à cause d’une vieille croyance inculquée tout petit : on ne reste pas et on ne dort pas sous un noyer sur pied… et je m’imaginais que cette mauvaise influence restait dans le bois. Il paraît que les abeilles n’ont jamais
été gênées pour poser un essaim dans un noyer. Acceptons en l’augure. Mais j’ai eu des ruches en « bois d’arbre » (non identifié), voire des planches en bois d’épave (« de bris », disait-on).
Notre auteur parle de trous d’envol mais c’est souvent une planche d’envol, en général en bois mais parfois en un autre matériau. En Europe centrale, il aurait vu parfois des tuiles ou du grès. Il faut en tout cas éviter les angles trop brutaux, les échardes, les matériaux qui vont accumuler trop de chaleur au soleil.

La forme

La plus habituelle est donc une fente horizontale avec une planche en dessous. Pourtant, dans la nature et les nids d’abeilles férales dans les troncs ou les souches, on trouvera plus souvent des fentes verticales, voire des trous plus ou moins ronds comme le font les pics noirs. Dans bien des coins d’Europe du Sud, on fermait souvent la ruche par une plaque d’argile au travers de laquelle on avait percé une dizaine de trous ronds d’environ 1 cm de diamètre.

La taille

La taille des trous d’envol varie énormément, de 2 cm de diamètre sur une Warré en hiver, à 40 cm de largeur au dessus de la planche d’envol d’une Dadant-Blatt 10 cadres, avec une hauteur de fente entre 0,8 et 2 cm. Les abeilles vont souvent se poser au-dessus de l’ouverture. Des bousculades peuvent se produire dans les peuples forts, durant les fortes miellées, à
l’aube du jour quand toutes les abeilles sortent, et entre 15 et 16 heures quand les jeunes abeilles sortent ensemble pour leur vol d’orientation. Pas très souhaitable si les butineuses rentrantes y perdent leurs corbeilles de pollen. Un de mes amis travaillant en Dadant-Blatt avait percé toutes ses hausses d’un trou rond en façade façon Warré, trou qu’il tenait normalement fermé par un bouchon en temps normal. Il retirait les bouchons lors des fortes miellées de printemps, permettant aux butineuses un accès direct et rapide à toutes les hausses.
Evidemment à éviter en saison de pillage, de guêpes et de frelons, période où il faudra au contraire limiter les entrées. Si le trou d’envol semble trop large pour les abeilles qui l’utilisent, mieux vaut le réduire. Pour les nouvelles ruchettes formées, on limite aussi les trous d’envol pour aider à maintenir la chaleur. Idem si on nourrit la ruchette, ce qui limitera un éventuel pillage.

Trou de vol

(© Phovoir)

L’emplacement

Le réflexe de la colonie est de mettre les réserves le plus loin de l’entrée. L’accès à ces réserves est plus facile en venant du haut de la ruche et c’est pourquoi les planches d’envol et les trous d’envol sont généralement dans le bas. Dans la nature, cela dépend bien sûr des possibilités.
On se rappellera que, dans les vieilles ruches de paille tressée avec souvent de l’argile par dessus (le Stülper allemand ou frison ou la Plouzenn basse bretonne), on avait souvent un trou à mi-hauteur, voire au tiers supérieur de la ruche. Mais la récolte du miel se faisait par le bas en inclinant la ruche pour couper les gâteaux avec une petite bêche.

L’orientation

L’observation de 110 colonies férales a permis au Dr Lang de noter que la plupart des trous de vol se situent sur un axe Ouest-Est. Serait-ce pour avoir le maximum de lumière le matin ou le soir, selon ce qui est possible ? Cet échantillon de 110 colonies est-il suffisant pour en généraliser les résultats ? Ce n’est pas tout à fait la doxa des ruchers-écoles qui impose une ouverture au Sud-Est et dont j’ai toujours pensé que c’est une idée vaguement productiviste (debout les filles, c’est l’heure d’aller bosser !) qui tombe plutôt bien puisque les vents dominants sont généralement d’ouest chez nous. Il faudrait vérifier dans des zones où l’axe des vents et des pluies est différent.

La défense

N’oublions pas que la propolis est aussi un moyen de défense pour protéger du vent, du froid, de la lumière, etc.

Cet article a été initialement publié dans la Revue de presse d’Abeilles & fleurs N°836 en Avril 2021.

Simonpierre DELORME ()

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