… qui ont six pattes et un corps divisé en trois parties. On le sait mais cela n’a pas été toujours le cas. Il y a environ 300 millions d’années, les insectes n’étaient pas de si petites bêtes. A cette époque vivaient des « insectes géants », des libellules avec des ailes de 70 cm par exemple. Pourquoi donc ont-ils disparus ?
Début octobre, à la Conférence de Physiologie Comparée de Virginia Beach, Alexandre Kaiser (Midwestern University) a détaillé les résultats des travaux de son équipe de Glendale.
S’il n’y a plus d’insectes géants, ce serait d’abord à cause de leurs longues pattes, lesquelles manqueraient d’oxygène. Les trachées des insectes, au moyen desquelles ils respirent, ne peuvent leur fournir l’oxygène que pour une taille limitée. Si des insectes « géants » ont pu jadis exister, c’est grâce à une concentration plus forte en oxygène dans l’atmosphère.

Si le sang des mammifères transporte l’oxygène et le gaz carbonique entre les poumons et les cellules, l’hémolymphe des insectes ne véhicule que les nutriments. Pour respirer, les insectes n’utilisent donc pas de poumons mais un réseau de fins conduits, les trachées, qui se ramifient en trachéoles et amènent l’oxygène directement dans toutes les parties du corps. L’entrée de l’air se fait par de minuscules ouvertures ou stigmates, situés par paires de chaque côté du thorax et de l’abdomen de l’insecte. Plus celui-ci est grand, plus grandes et larges seront les trachées. Un gros scarabée de 3,5 cm devra donc posséder un système trachéolaire beaucoup plus gros qu’un petit coléoptère de 3 mm, de l’ordre de 20% de volume supplémentaire utilisable, ce que confirment les études aux rayons X. Les diamètres des trachées butent sur une limite naturelle à l’articulation de la patte et du thorax et dans les pattes elles-mêmes.


La théorie permet de calculer une taille corporelle maximale d’environ 15 cm, qui est aussi celle du plus gros insecte connu, le Titanus Giganteus, un longicorne de la forêt amazonienne qui peut atteindre 15 à 17 cm (sans les antennes quand même !). Si on retrouve dans les pierres fossiles des empreintes d’insectes géants, c’est parce que la concentration d’oxygène dans l’air était à l’époque d’environ 35%, contre 21% aujourd’hui.
L’Attaque des fourmis géantes, célèbre film de science-fiction, n’est donc pas pour demain. Dommage.

Simonpierre DELORME ()

 

Sources :

Stern.de – Wissenschaft – Newsletter du 10 octobre 2006
www.stern.de/wissenschaft/natur/573689.html

 

Publié dans Abeilles & fleurs N° 677 de novembre 2006

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