La vigne vierge (Parthenocissus) est connue en Europe depuis plus de 300 ans. Liane autogrimpante qui peut atteindre 15 m de long, élément de décoration des murs extérieurs, elle est aussi une plante mellifère appréciée des abeilles. On distingue deux espèces.
L’espèce quinquefolia, aux feuilles divisées en cinq à sept folioles s’agrippe par des vrilles sans ventouse. Espèce cultivée originaire du nord du Mexique, elle est aujourd’hui souvent subspontanée ou naturalisée. Les fleurs jaunâtres sont petites, de 3 a 4 mm seulement. Et s’ouvrent dès la mi mai et jusqu’à fin juillet et donnent nectar puis pollen. Les baies sont bleu foncé au bout de petites tiges rouges. On lui réserve en général le nom de vigne vierge.

Ampelopsis brevipedunculata © Wikipedia

L’espèce tricuspidata, aux feuilles divisées en trois lobes aigus ou seulement dentés, est généralement appelée ampelopsis (du grec « semblable à la vigne »), pour la différencier de la vraie vigne vierge. Elle s’accroche aux parois par des ventouses terminant de petites vrilles. C’est une espèce cultivée originaire de Chine et du Japon et appelée aussi « lierre japonais » chez nous et « chatte des murailles » dans les pays allemands du sud. Les fleurs n’ont pas de parfum particulier et sont à peine visibles, ce qui n’empêchera pas les abeilles de les trouver. Elles s’épanouissent dès Août. Leur pollen jaune vert servira beaucoup aux réserves des abeilles d’hiver.
Les deux espèces sont bien distinctes comme l’a montré une étude canadienne de 2003 mais toutes deux donnent des fruits non comestibles voire toxiques. A l’inverse du lierre, les feuilles tombent en automne en prenant de magnifiques couleurs jaunes et rouges, permettant de ne pas stocker l’humidité mais interdisant la constitution de clôtures régulatrices de température en hiver.

Nous faisons allusion ici à un dispositif bien connu dans les pays du Nord et de l’Est : devant un mur, aveugle souvent, on installe un treillage parallèle à ce mur et distant d’une vingtaine de cm sur lequel on fera grimper du lierre (on utilise souvent du lierre mais d’autres plantes sont possibles). Le coussin d’air ainsi formé entre le mur et le lierre servira d’écran thermique. Attention à ne pas confondre avec les « murs végétalisés » trop élaborés, qui nécessitent généralement l’installation d’un dispendieux système d’irrigation, mais qui plaisent parfois aux élus impatients de gaspiller l’argent des contribuables pour se donner une image « verte. »

Simonpierre DELORME

 

Une première version de cette note a été publiée dans la rubrique « Revue de presse » d’Abeilles & fleurs N° 666 de novembre 2005. Elle résumait un article paru dans le numéro d’octobre 2005 de Imkerfreund/ADIZ/Die Biene.

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