« Une espèce de guêpe qui vit au Québec (Dinocampus coccinellae) a trouvé un moyen original d’assurer la survie de sa descendance: elle force une coccinelle (Coccinella maculeata) à devenir la garde du corps de sa larve. «Ce qui est fascinant, c’est que la coccinelle, en partie paralysée par le cocon de son parasite, retrouve la liberté après avoir été mobilisée. Elle peut recommencer à se nourrir et à se reproduire», explique l’entomologiste Jacques Brodeur, professeur au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal.

La coccinelle transportera le cocon pendant tout le cycle de maturation du parasite.

La coccinelle transportera le cocon pendant tout le cycle de maturation du parasite.

Comportement courant chez les insectes, la guêpe pond son œuf dans le corps de la coccinelle. Mais ce qui est particulier ici, c’est que, en croissant, le parasite ne détruit pas son hôte. Parvenue à l’état de larve, la guêpe s’extirpe du corps de la coccinelle et tisse son cocon dans ses pattes. La coccinelle doit se mouvoir avec ce colis encombrant sous elle pendant tout le cycle de maturation. Ce n’est qu’après avoir atteint sa taille adulte que la guêpe libèrera la coccinelle.

Jacques Brodeur veut documenter scientifiquement ce comportement inusité. «Habituellement, les insectes parasitoïdes tuent leurs hôtes. Dans le cas présent, la larve se protège des prédateurs jusqu’à sa maturité», signale ce spécialiste de la lutte biologique. Les oiseaux et insectes qui se nourrissent de larves de guêpes ne s’attaquent pas aux coccinelles, dont les couleurs vives sont synonymes de danger. La larve possède ainsi la meilleure des armures. (…) »

Article de Mathieu-Robert Sauvé.
Publié le 16 novembre 2009 par www.nouvelles.umontreal.ca

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.