N.B. A l’époque, cet écho, publié dans Abeilles & fleurs N° 664 de septembre 2005 était quasiment un scoop pour la plupart des apiculteurs français qui découvraient que les aéroports de RFA avaient des ruches depuis 1999 ! Depuis lors, les aéroports de l’hexagone se sont mis à la page. C’est en octobre 2007 tout de même qu’ont été installées les premières ruches sur la plateforme de Paris-Charles de Gaulle et en mai 2010 celles de Paris-Orly. Réjouissons nous !

Voici donc le texte de ce premier écho :
Début mai 2005, l’aéroport de Hambourg a implanté six nouvelles colonies à proximité des pistes d’atterrissage et de décollage.

Les ruches de Ingo Fehr sur l\’Aéroport de Hambourg

But avoué de l’opération : mesurer l’impact du trafic aérien sur la qualité de l’air. Le miel récolté par les abeilles, sur les fleurs qui poussent sur l’aéroport et dans son environnement proche, sera régulièrement analysé par un laboratoire indépendant pour y déceler tout trace de produits susceptibles de signaler une contamination de l’air que les capteurs traditionnels ne repéreraient pas. Les pollens également.
La chose n’est pas nouvelle puisque divers aéroports allemands utilisent déjà les mêmes méthodes mais c’est ici que le protocole a été testé et c’est à proximité des pistes de Hambourg que la première ruche a été installée en 1999. Ont suivi Dresde, Nuremberg, Cologne-Bonn, Hanovre et Lübeck. Le miel de l’aéroport, ce sous-produit des études environnementales, est devenu un cadeau apprécié que l’on offre aux visiteurs de marque.
Jusqu’ici les résultats des analyses sont très satisfaisants et les produits polluants sont absents à l’appel. Le responsable de l’environnement de l’aéroport, Axel Schmidt, est très satisfait. L’apiculteur de l’aéroport, Ingo Fehr, aussi.
Hamburg Airport Pressemitteilungen 02.02.2005

Simonpierre DELORME   ()

 

Compléments :
Comme nous l’écrivons plus haut, le miel d’aéroport n’est, en quelque sorte, qu’un sous produit des études environnementales faites sur cet aéroport. Les analyses de miel, que font généralement pour les apiculteurs les laboratoires spécialisés comme le CETAM, servent à déterminer précisément non seulement les principaux nectars ou miellats présents dans le miel, les pollens qu’on peut y trouver, mais ils recherchent aussi l’éventuelle présence de métaux lourds et les éventuelles poussières.
En complément du suivi automatique des concentrations de polluants atmosphériques, le laboratoire d’Aéroports de Paris a étendu le champ de sa surveillance aux métaux et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). En partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le laboratoire Bio Monitor, il a installé, entre septembre et octobre 2008, des bio-indicateurs sur l’emprise et à la périphérie des aéroports Paris-Orly et  Paris-Charles De Gaulle. Le principe de l’étude est simple. Les végétaux choisis, ray-grass et résineux, ont la capacité de fixer les molécules de polluants. Après un temps d’exposition, ces « bio-accumulateurs » sont analysés en laboratoire. On en déduit les niveaux de concentration dans l’air et dans le sol des polluants suivis.
Selon l’INRA, le principal résultat de l’étude est que les niveaux de concentration sont à la limite du niveau de détection par les bio-indicateurs. En résumé, les niveaux de concentration en HAP et en métaux révélés par ces bio-indicateurs sont comparables à ceux habituellement observés dans les zones rurales.

Voir aussi : Les ruches de l’aéroport de Hamburg

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