L’apiculture brésilienne comporte trois grandes périodes :

1) De 1839 à 1956, avant l’introduction des abeilles africaines, avec une production nationale inférieure à 5000 tonnes par an, l’apiculture est plus un passe-temps qu’un véritable outil de l’agriculture. Pour mémoire, le Brésil est vaste comme 16 fois la France et s’allonge sur 4400 km du Nord au Sud.

2) De 1957 à 1970, l’introduction des abeilles africaines (Apis mellifera scutellata) est une période de chaos.
Beaucoup d’apiculteurs abandonnent. La biologie de la scutellata est insuffisamment connue, sa manipulation est à inventer, son agressivité va entraîner une forte réduction des activités apicoles

3) En 1970 se crée la « Confédération brésilienne de l’apiculture » qui va introduire et généraliser de nouvelles méthodes de manipulation des « AMA ». C’est ainsi qu’on désigne dorénavant le polyhybride résultant du croisement des scutellata avec les races européennes antérieurement introduites au Brésil (A. m. mellifera, A. m. ligustica, etc.) avec dominance des caractères africains. La presse et le grand public connaissent mieux le terme de « killer bee » (« abeille tueuse ») largement popularisé.


La reconstruction se poursuit.
Dans les vingt dernières années, l’apiculture a été fortement relancée, le matériel nécessaire n’est plus importé mais fabriqué sur place, le nombre des publications scientifiques et techniques concernant les abeilles a été multiplié par 30, divers instituts de recherche sont apparus qui forment des spécialistes, et le Nordeste brésilien s’est beaucoup développé. Le Brésil produit plus de 40 000 tonnes de miel par an. Quantité et qualité des produits apicoles ont considérablement augmenté.

Autre atout : la résistance des AMA au varroa.
A l’arrivée du varroa en 1979, on teste la majorité des acaricides disponibles sur le marché international, sans grande satisfaction, si bien que l’association déconseille au ministère de l’agriculture d’en organiser l’importation. Heureusement, les AMA semblent devenir résistantes ou tolérantes à ce parasite.
De grands progrès ont été faits. Beaucoup de problèmes sont encore à résoudre. Mais le futur de l’apiculture brésilienne semble prometteur.

Simonpierre DELORME   ()

 

Cet écho est paru dans Abeilles et fleurs N° 662 de juin 2005 et reprend un article du N° 50 de mars 2005 de Mensagem Doce, la revue de l’APACAME (Association des apiculteurs éleveurs d’abeilles mellifères européennes de l’Etat de Sao Paulo) (www.apacame.org.br/)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.